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#1 2010-12-29 17:37:51

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Перевод с французского. Публицистика

Avec qui partageons-nous nos émotions ?
BERNARD RIMÉ

À qui nous confions-nous lorsque nous traversons un événement qui nous marque émotionnellement ? Un certain nombre de travaux psychologiques montrent que le partage social des émotions varie fortement selon notre âge et notre sexe.
Nos vies sont ponctuées d'événements chargés d'émotions : une naissance ou un deuil, le fait de retrouver un emploi ou encore d'assister à un accident de la circulation... Lorsque l'on vit un tel épisode émotionnel, nous le gardons rarement pour nous. Bien souvent nous parlons de cet épisode avec des membres de notre entourage : c'est ce que l'on appelle le partage social de l'émotion. C'est là un fait d'une très grande généralité puisqu'on l'observe après 80 à 95 % des épisodes émotionnels. Ce processus est initié rapidement après l'événement (généralement le jour même), et s'adresse le plus souvent à plusieurs personnes successives. Qui sont ces personnes ? Vers qui se tourne-t-on le plus volontiers lorsqu'on a traversé un événement générateur d'émotion, et que l'on ressent cette pression à communiquer avec autrui ?
Les diverses enquêtes menées sur le sujet montrent le rôle crucial dévolu aux proches dans ce contexte. L'une des premières, portant sur un panel de 196 personnes (149 femmes et 47 hommes) âgées de 18 à 41 ans (moyenne : 24 ans), montrait que la première personne à laquelle un épisode récent de sa vie personnelle avait été confié était un ami proche dans 35,5 % des cas, le compagnon ou la compagne dans 31,7 % des cas, et un membre de la famille dans 27,9 % des cas. Les professionnels (médecins, avocats, psychologues, ministres d'un culte...) n'étaient mentionnés que dans 3,7 % des cas, et les inconnus, dans 1,2 % des cas seulement. Toutefois, ce « quota des trois tiers » s'est par la suite révélé être le propre d'une catégorie d'âge. Des travaux ultérieurs ont permis de mettre en évidence d'intéressantes relations sur l'évolution du choix des partenaires de partage social de l'émotion en fonction de l'âge et du sexe.

Les partenaires privilégiés

Trois études, portant sur des adolescents (12-17 ans), des jeunes adultes (18-33 ans) et des adultes d'âge mûr (40-60 ans), visaient à leur faire remémorer un épisode émotionnel de leur passé récent et à leur demander de préciser quelle était la première personne avec laquelle ils en avaient parlé : membres de leur famille au premier degré, ami ou amie proche, compagnon ou compagne, autres personnes telles que relations, collègues, professionnels, ou personnes de rencontre.
Chez les adolescents, la famille absorbe près des deux tiers des premiers récits d'épisodes émotionnels, un autre tiers environ étant dirigé en premier lieu vers les amis proches. Comparativement, les autres catégories (notamment les « petit(e)s ami(e)s ») sont presque inexistantes. Une étude détaillée, menée auprès de 675 jeunes gens appartenant à quatre classes d'âges, soit 12-13 ans, 14-15 ans, 16-17 ans et 18-20 ans, confirme que ces derniers s'adressent aux membres du cercle social stable. Les cas où il est fait appel à des professionnels ou à d'autres personnes que celles des différentes catégories relationnelles stables représentent des exceptions. Inversement, à l'intérieur de l'ensemble relationnel stable, le partage social de l'émotion fait l'objet d'une distribution considérable. Toutes les catégories d'auditeurs (membres de la famille, petit ami, amis de même sexe ou de sexe opposé...) sont concernées par le partage social au moins un peu, et dans une majorité de cas, les épisodes remémorés ont été partagés au moins un peu avec des partenaires de cinq catégories différentes sur les onze proposées.
Il est aussi remarquable que l'examen de l'évolution en fonction du niveau d'âge n'a pas révélé de réduction significative du partage social à la famille même si, chez les garçons en particulier, les tendances vont dans cette direction. La période de l'adolescence apparaît surtout comme celle d'un accroissement du partage social dans la direction des autres catégories d'auditeurs. Trois catégories d'auditeurs connaissent dans les deux sexes une évolution linéaire tout à fait considérable entre 12 et 20 ans. Les compagnons ou compagnes triplent leur score chez les garçons et font plus que le doubler chez les filles, prenant ainsi position dans le peloton de tête des partenaires du partage. Ensuite, le « meilleur ami de sexe opposé » double son score, chez les garçons comme chez les filles. Enfin, les « amis de sexe opposé » doublent leur score chez les garçons et ne sont pas loin de le tripler chez les filles. En somme, deux choses marquent l'évolution des cibles du partage social de l'émotion au cours de la période de l'adolescence : les pairs de même sexe prennent une importance croissante et, fait majeur, on assiste à la découverte des pairs de l'autre sexe comme acteurs potentiels dans le rôle d'écoute du récit des expériences émotionnelles. A leur égard se manifeste un intérêt grandissant qui les conduira en tête de la hiérarchie des partenaires du partage social à l'âge adulte.
L'étude a également permis de mettre en évidence des différences considérables entre les garçons et les filles. Ces différences se sont présentées indépendamment des groupes d'âges. Tous âges confondus en effet, pour six des différentes catégories de partenaires proposés dans la liste de l'étude, les filles ont attribué des scores significativement supérieurs à ceux qui ont été attribués par les garçons (la mère, la fratrie, le compagnon, le meilleur ami de même sexe, les amis de même sexe et les amis de sexe opposé). Les filles montraient ainsi qu'avec ces différents partenaires, elles avaient partagé l'épisode émotionnel d'une manière plus intensive que les garçons. Pour les autres partenaires, garçons et filles étaient comparables. En aucun cas, on n'a donc enregistré une différence indiquant un partage social plus intensif chez les garçons que chez les filles. Ces données suggèrent donc que si les garçons et les filles ont un réseau de distribution très comparable tant au début qu'à la fin de l'adolescence, leur utilisation de ce réseau n'est sans doute pas exactement la même. Pour une bonne partie des partenaires des filles, le partage social qui leur a été adressé semble avoir été de plus grande ampleur.

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